Point de vigilance : s’adapter en continu, ouvrir la réflexion
L’intégration des pairs-aidants ne s’arrête pas au recrutement ou à la passation de fonctions. Les retours de terrain invitent à la prudence mais aussi à l’audace : le cadre d’intervention doit rester souple, ajustable, permettre à la fois la protection du pair-aidant et l’émergence de son expertise propre.
Certains CMP, plus avancés, pratiquent l’auto-évaluation régulière : recueil de la parole des usagers, réunions de bilan, remontée des difficultés et confrontations constructives. Cette démarche inspirante pourrait devenir la norme, à l’heure où la pair-aidance continue de bouleverser positivement la culture de la psychiatrie en France.
Cela suppose de s’autoriser, à tous les niveaux, une mutation : s’ouvrir davantage à la dimension subjective, accepter de ne pas tout contrôler ni prédire dans la relation d’aide, et appréhender chaque pair-aidant comme un partenaire singulier, porteur d’une expertise ayant une valeur unique, mais complémentaire de celle des soignants.