Les grandes étapes pour construire son plan de prévention
Un plan personnel de prévention n’est jamais simplement un document à remplir ; c’est un processus vivant, une démarche à la fois introspective et collective. Il peut prendre la forme d’un « plan de crise conjoint », d’un « plan anticipé de gestion de crise », ou encore d’un « plan de prévention des rechutes » (PPR).
1. Faire le point sur son parcours et reconnaître ses vulnérabilités
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Prendre le temps d’observer : Que s’est-il passé dans les périodes antérieures à une rechute ? Quels ont été les moments charnières, les changements de comportement ou d’humeur remarqués ?
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Identifier les facteurs de risque : Stress, ruptures, modifications de traitement, manque de sommeil, consommation de substances, conflits familiaux… Repérer ces éléments aide à agir en prévention (source : Psychologie.fr).
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Repérer les éléments protecteurs : Moments où la rechute a été évitée, appuis dans le réseau social, pratiques de bien-être, qualités ou compétences particulières.
2. Repérer les signes précoces de rechute
Chaque personne vit différemment ses troubles, mais beaucoup peuvent, avec un peu de recul, distinguer certains « signaux d’alerte ».
- Changements notables d’humeur ou d’énergie
- Troubles du sommeil (difficulté à s’endormir, insomnie)
- Désintérêt soudain pour les activités habituellement appréciées
- Anxiété inhabituelle, irritabilité, isolement accru
- Pensées envahissantes ou anxieuses
- Début d’oubli de prise de traitement ou de rendez-vous
Noter ou partager ces signes avec ses proches ou son équipe de soins rend possible une action précoce, souvent déterminante pour éviter la crise.
3. Identifier ses ressources et ses allié·es
L’un des leviers les plus puissants réside dans l’identification de son propre réseau : qui peut être sollicité en cas de difficulté ? Quels lieux ou quelles activités permettent de se ressourcer ?
- Proches bienveillants, pairs ou groupes de parole
- Professionnel·les de santé et de la relation d’aide
- Lieux refuges : associations, cafés associatifs, parcs, médiathèques
- Stratégies personnelles : relaxation, méditation, sport, techniques de gestion du stress
Cartographier ces appuis dans le plan donne de la visibilité et désamorce le sentiment d’isolement.
4. Définir un plan d’action concret, gradué et partagé
| Niveau d’alerte |
Actions à engager |
Contact(s) à joindre |
| Niveau 1 : premiers signes |
Respecter ses routines sommeil/alimentation.
Prendre contact préventivement avec un pair ou un proche.
Ajuster ponctuellement son emploi du temps (réduire les sollicitations).
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Nom/Numéro d’un proche, pair-aidant·e ou référent·e de confiance.
Adresse d’un lieu ressource (association, etc.).
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| Niveau 2 : aggravation des signes |
Prendre rapidement contact avec son équipe de soins.
Échanger ouvertement sur les difficultés rencontrées.
Suspendre certaines activités risquées ou exposantes.
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Médecin référent·e, psychologue, équipe mobile de crise.
Ligne d’écoute spécialisée.
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| Niveau 3 : situation de crise |
Suivre les consignes d’urgence établies à l’avance.
Activer le plan d’hospitalisation ou de prise en charge rapide.
Transmettre le plan aux personnes habilitées.
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Urgences psychiatriques.
Contact d’une personne de confiance désignée.
Pairs-aidant·es mobilisables.
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Ce tableau permet de passer d’une démarche floue à un plan d’actions précises, personnalisées et actualisables.