Panorama des types de partenariats : des dispositifs variés et complémentaires
1. Partenariats institutionnels : l’intégration des associations dans la gouvernance
Depuis la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, la place des associations dans les instances hospitalières s’est renforcée. Aujourd’hui, elles siègent :
- Dans les conseils de surveillance des établissements de santé, avec voix consultative ou délibérative.
- Au sein des commissions des usagers (CDU), créées en 2016 pour veiller à la qualité et à la bientraitance.
- Dans les conseils locaux de santé mentale (CLSM), structures territoriales chargées de coordonner la prévention, l’accompagnement, la citoyenneté et la lutte contre la stigmatisation.
Le baromètre HAS 2022 révèle que 68% des structures publiques de psychiatrie ont intégré au moins une association d’usagers ou de proches dans leurs instances de gouvernance (Haute Autorité de Santé).
2. Coopérations sur l’accompagnement et le rétablissement
Les partenariats vont souvent plus loin : ils se traduisent aussi par une coopération dans la mise en œuvre concrète de l’accompagnement.
- Permanences d’écoute en établissement : L’UNAFAM (Union Nationale de Familles et Amis de Personnes Malades et/ou Handicapées Psychiques) organise par exemple plus de 1 200 permanences d’écoute par an, souvent au sein même des Centres Médico-Psychologiques (source : UNAFAM).
- Groupes d’entraide mutuelle (GEM) : Créés en 2005, ces espaces sont cogérés par des associations d’usagers, en partenariat avec des structures de soins pour favoriser l’autonomie, la re-socialisation et le pouvoir d’agir.
- Pair-aidance intégrée : De plus en plus de services psychiatriques recrutent des pairs-aidants—salariés ou bénévoles—issus du tissu associatif pour accompagner les personnes au quotidien.
3. Partenariats autour de la formation et de l’éducation thérapeutique
Les associations interviennent comme partenaires clés dans la formation professionnelle et la sensibilisation :
- Animation de sessions auprès des équipes de soins portant sur le « savoir expérientiel ».
- Interventions d’usagers experts dans la formation initiale (IFSI, écoles d’éducateurs).
- Participation à l’élaboration de programmes d’éducation thérapeutique du patient (ETP), avec 57% d’entre eux intégrant désormais au moins un représentant d’association (source : Observatoire ETP, 2021).
4. Actions de plaidoyer et de sensibilisation communes
De nombreuses initiatives voient le jour pour combattre la stigmatisation, défendre les droits ou améliorer la connaissance sur les troubles psychiques. Ces actions sont souvent coconstruites par les professionnels, les familles et les associations :
- Organisation de journées d’information locales, comme la Semaine d’Information sur la Santé Mentale (SISM).
- Publication de guides destinés aux usagers, à leurs proches et aux professionnels (par exemple, le guide « Travailler avec les pairs-aidants », publié par l’ANAP en 2022).
- Coprogrammation de temps de formation, groupes de paroles ou forums santé.