Dispositifs clefs et innovations locales favorables à la pair-aidance
La diversité des initiatives locales illustre la capacité des collectivités à s’ajuster aux réalités du territoire et aux attentes des personnes concernées. Plusieurs types d’actions se distinguent particulièrement :
1. Déploiement de Conseils Locaux de Santé Mentale (CLSM)
Selon le Centre National de Ressources et d’Appui aux CLSM, il existe plus de 250 CLSM en France en 2023 [source]. Ces structures, pilotées par des binômes mairie/établissement de santé, impliquent systématiquement des usagers et des pairs-aidants dans les groupes de travail : prévention du suicide, lutte contre l’isolement, médiation dans l’espace public.
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Participation à la définition des besoins locaux
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Création de groupes d’entraide animés par des pairs-aidants
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Organisation de “journées de la santé mentale” où les pairs-aidants prennent la parole
2. Soutien à la formation des pairs-aidants
Les structures publiques et parapubliques (CCAS, établissements publics de coopération intercommunale) financent parfois tout ou partie de la formation de futurs pairs-aidants, encourageant ainsi leur montée en compétence et leur professionnalisation.
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Parcours universitaire : Le Diplôme Universitaire Pair-Aidance en santé mentale, déployé à Lyon, Grenoble, Clermont et Paris. D’après le rapport “Pair-aidance 2021” de la Haute Autorité de Santé, plus de 450 pairs-aidants ont été formés en France à ce diplôme entre 2017 et 2022 [source].
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Bourses départementales ou régionales : Certaines collectivités accordent des bourses spécifiques, permettant des reconversions ou une formation continue (ex : département de la Haute-Savoie, ville de Lyon).
3. Lieux ressources et plateformes d’entraide
Le soutien aux Espaces Santé Jeunes, aux Maisons des Adolescents, ou à certains GEM (Groupes d’Entraide Mutuelle) s’est accompagné d’un appui des collectivités pour que des postes de pairs-aidants soient créés ou soutenus.
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À Lyon, la ville et l’ARS soutiennent le GEM Constellation, composé à plus de 40% de pairs-aidants, qui irrigue plusieurs quartiers populaires et touche jusqu’à 500 personnes sur une année [source].
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Les collectivités financent aussi des plateformes locales (ex : Réseau Santé Mentale d’Isère), qui répertorient les pairs-aidants disponibles et mettent en lien personnes concernées et professionnels.