Des perspectives plus ouvertes : ce qui fait levier
Si les institutions françaises peinent à intégrer durablement la paire-aidance, certains leviers ouvrent déjà la voie à une évolution positive.
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Co-construction des projets : La réussite est plus évidente lorsque les équipes, les directions et les pairs construisent ensemble le projet d’intégration, en amont, y compris dans la rédaction des fiches de poste.
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Formations mixtes : Les établissements qui proposent des temps collectifs (pairs-soignants-direction) autour des questions de confidentialité, de posture professionnelle et de coopération, observent une meilleure dynamique intégrative.
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Évaluation du dispositif par les usagers : La mesure régulière de l’impact de la paire-aidance, tant du point de vue des usagers que des équipes, permet d’ajuster les pratiques et de donner une légitimité renouvelée au dispositif.
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Appui des collectivités et réseaux : Face au manque de moyens dans le secteur public, les collaborations avec les collectivités territoriales (par exemple via les Conseils Locaux de Santé Mentale) favorisent l’ancrage local et la pérennité des expérimentations.
À la croisée des parcours, la paire-aidance éclaire autrement la santé mentale : pour que son impact s’exerce pleinement, il est urgent d’agir à tous les niveaux, de travailler à une meilleure reconnaissance statutaire et à une coopération plus égalitaire, et de faire évoluer les regards, à la fois dans l’institution et chez les professionnels, pour que l’expertise du vécu devienne une dimension centrale des dispositifs d’accompagnement en santé mentale.