Perspectives : inventer un « faire-ensemble » ambitieux
Le développement de la pair-aidance engage tout l’hôpital psychiatrique dans une réflexion sur la démocratie en santé et le décloisonnement des compétences. Les institutions qui donnent pleinement leur place aux pairs voient émerger de nouvelles pratiques centrées sur la co-construction, l’alliance, la confiance et l’autodétermination.
Il demeure des obstacles culturels et pratiques à lever. Mais la progression, même inégale, est indiscutable : le nombre de pairs-aidants passe de 40 à plus de 350 entre 2015 et 2023, et les premiers bilans sont largement positifs (HAS, 2022). Au-delà du chiffre, c’est tout un mouvement de société qui s’exprime : la volonté de construire une santé mentale où l’expérience, la stabilité retrouvée, le respect des trajectoires de vie deviennent des ressources centrales.
Pour aller plus loin, il apparaît indispensable d’impliquer les usagers, les proches et les professionnels dans l’élaboration des politiques de pair-aidance, pour que cet élan collectif ne s’essouffle pas et permette à chaque nouvelle voix — qu’elle soit dite « experte » par diplôme ou par vécu — de trouver sa juste place dans nos hôpitaux psychiatriques.